Comment préserver sa machine à coudre

Cela fait très longtemps que je voulais écrire cet article, et je ne pouvais vous présenter mes nouvelles cousettes sans vous parler, pour que personne ne fasse les mêmes erreurs que moi, tant elles peuvent être néfastes pour votre machine à coudre d’amour, de ma mésaventure mécanique.

Automne 2018, alors que je cousais un énième pyjama en jersey pour ma fille avec ma toute première machine à coudre, une Husqvarna Class E20, celle-ci a cessé de fonctionner, commençant par sauter quelques uns, puis tous les points.

Après une première réparation, ma machine cousait correctement les tissus en chaîne et trame mais difficilement les jersey, et était complètement inutilisable avec les aiguilles double-pointe. Une amie rencontrait le même problème avec le même modèle.

C’est là que j’ai fait quelques recherches et, avec les conseils de mon réparateur, ai établi la liste des erreurs à éviter pour conserver sa machine.

Cette liste m’est propre. Si vous avez des remarques à faire, d’autres erreurs à notifier, d’autres conseils à donner, n’hésitez pas à m’en faire part afin que je complète celle-ci.

I Choisir une machine qui correspond à son usage

Ma Class E20 a été parfaite pour mes débuts: facile d’utilisation, comportant les points de base et même une fonction boutonnière automatique. Je l’ai énormément utilisée et ai cousu quelques 200 belles pièces en moins de 3 ans. Seulement, avec ses egrenages en plastique ( comme beaucoup de machines récentes à prix attractifs, même de grandes marques…) elle n’a pas tenu la distance. Certes, les nombreuses erreurs que je vais énumérer ont participé à son usure,mais ma machine n’a plus correspondu à mon usage très fréquent ni aux différents tissus utilisés (le jersey, par exemple) et n’est pas de ce type de machines que l’on se transmet de mère en fille.

Aujourd’hui, j’utilise une BERNINA B335, robuste par ses engrenages métalliques et qui supporte tous les types de tissus.

Pour trouver la MAC adaptée à mes besoins, j’ai pris des conseils auprès de mon réparateur et me suis servie de l’article (très bien informé) du blog de Louise des Lubies de Louise.

Avant d’acquérir une machine, posez-vous la question de l’usage que vous en aurez (« Ma machine ne me servira-t-elle que pour des rideaux ,des coussins et quelques rapiècements ou bien également pour des vêtements? » « Me ferai-je des vêtements en jersey?  » « Travaillerai-je de grosses épaisseurs pour des manteaux? » « Est-ce que je pense l’utiliser un peu, beaucoup, à la folie? »…) .

Vous me direz sûrement qu’on ne peut pas le savoir avant de commencer . Débutez alors sur une machine d’occasion ou empreintée pour évaluer votre goût pour la couture.

II. Utiliser le bon matériel

Le fil

Avec ma première machine, je faisais passer tous les fils qui me tombaient sous la main, du fils de qualité comme celui bon marché, et pas forcément adapté à mes projets.

Seulement, un fil mal choisi se casse plus vite ou bien , trop résistant, fait forcer la machine (cela s’entend au bruit qu’elle fait pendant la couture) , ou y laisse plus de peluches, car mal filé.

Résultat: mes points n’étaient pas réguliers, je trouvais des moutons de fibres dans le boîtier et j’usais ma machine.

Aujourd’hui, je n’utilise QUE des fils de qualité: Belfil, Mettler ou Guttermann. Certes cela a un coût mais constitue un bon moyen de préserver ma machine.

Les aiguilles

  1. Choisir des aguilles adaptées au tissu

J’ai toujours essayé d’adapter l’aiguille au tissu travaillé car chaque type d’étoffe demande un perçage ( donc une pointe) adapté (on ne perce pas pas du jersey comme du cuir). Un mauvais choix d’aiguilles, en plus d’abîmer le tissu, peut faire forcer la machine, qui travaille plus et, de ce fait, s’use plus vite.

2. Choisir des aiguilles de bonne qualité

En revanche, je ne veillais pas à la qualité des celles-ci, pourvu qu’elles soient adaptées au tissu. Seulement, une aiguille qui n’a pas été correctement usinée ou finie (donc de mauvaise qualité) n’est pas toujours régulière, se plie et se casse vite, et constitue également une source de problèmes pour la machine à long terme. Celles-ci peuvent dépanner quand on est à court d’aiguilles mais ne peuvent pas constituer le matériel de base.

Pour ma part, je n’utilise que des aiguilles Schmetz (les Bohin sont aussi de bonne facture), qui ne coûtent pas beaucoup plus cher et sont fiables.

Les pieds de biche

Tout comme les aiguilles, mieux vaut utiliser les pieds de biches adaptés au tissu utilisé, afin d’obtenir des points réguliers, mais également faciliter le travail de la machine.

Ce chapitre n’est pas écrit pour présenter tous les types de pieds de biches, des articles de blogs le font déjà, mais pour évoquer ceux qui aident la machine à coudre des matérieux particuliers.

Je me souviens qu’avec ma première machine, je faisais passer toutes sortes d’étoffes sous mon pied de biche standard; le résultat n’était , assurément, pas très net : du jersey aux points irréguliers ou qui faisaient gondoler le tissu, au cuir qui ne glissait pas du tout, qui était piqué en « sur place » et que je tirais plus que je n’accompagnais (geste à éviter, bien évidemment, si l’on ne veut pas abîmer ma machine chérie), pour arriver au bout du travail.

C’est en cherchant ma nouvelle machine que j’ai découvert les différents pieds de biche, notamment le pied en téflon pour faire glisser plus facilement le cuir, et le pied double entrainement, qui accompagne mieux le tissu jersey (et les épaisseurs) ou le pied de biche à roulettes pour les épaisseurs (également utilisable pour le cuir). En plus d’obtenir de beaux points, on fatigue moins sa machine.

Voici quelques vidéos faites par Couture enfant & Tricot débutant sur ces différents pieds:

Je me souviens des propos de mon réparateur, qui indiquait (concernant le jersey) que ces « nouveaux tissus » faisaient du mal aux machines (surtout les moins récentes) par leur difficulté à glisser, leur facilité à s’enfoncer dans la plaque de couture. Mieux vaut être bien équipé pour piquer ces tissus tout en préservant sa machine.

Les canettes

Dans le starter kit de la Class E20, j’avais trois canettes en plastique à corps plat, qui m’ont bien servi. Quand j’ai commencé à coudre régulièrement, j’ai acheté tout un lot de canettes dites « universelles », vous savez, celles qui sont bombées. Malheureusement, au bout de quelques utilisation, j’ai été confrontée à quelques problèmes de bourrage: la canette délivrait mal le fil du bas.

Mon réparateur m’a conseillée de privilégier les canettes de la marque car, même si ces canettes « universelles » conviennent à beaucoup de machines, elles ne conviennent pas à toutes (par les dimensions et la résistance)!

Même si cela peut paraître extrême, pour ma nouvelle machine, j’achète uniquement les canettes de la marque. Mieux vaut avoir peu de canettes mais adaptées à sa machine, qu’une flopée de canettes qui ne délivrent pas correctement le fil.

Je ne peux pas dire en quoi une canette pas adaptée peut abîmer la machine mais, comme cet article pointe les mauvaises habitudes, autant indiquer celle-ci.

III. Adopter les bons gestes

Si un matériel inadapté ne m’a pas permis de préserver ma machine à coudre, une négligence accrue (et un comportement de brute) l’a fortement endommagée…

Ne pas tirer sur le tissu

Ne vous est-il jamais arrivé de coincer votre tissu (du jersey par exemple) dans les griffes de la machine…et de tirer comme une brute sur celui-ci pour l’en sortir ? Cela m’arrivait trèèèèès souvent à mes débuts et je considérais ma machine suffisamment résistante pour supporter mes assauts intempestifs, et, bien évidemment, je me trompais : à force de tirer à tort et à travers, j’ai fini par désynchroniser ma belle ( les fils du haut et du bas ne se rencontraient plus), et les engrenages (en plastique), étant abîmés, celle-ci s’en est trouvée définitivement fragilisée ( les points sautent maintenant systématiquement avec des aiguilles double-pointes).

Afin d’ éviter d’abîmer votre machine quand votre tissu se coince, arrêtez de piquer, coupez les fils du haut et du bas et jouez avec la mollette tout en retirant délicatement le tissu. Le fil du bas peut être coincé car il y a bourrage, dans ce cas, coupez tous les fils du bas pour faciliter la sortie du tissu. N’oubliez pas de retirer de la machine tous les fils coupés et de vérifier la tension du fil.

Nettoyer les fibres après chaque utilisation

A mes débuts, je trouvais qu’une machine qui coud était un tel miracle (oui, vous pouvez rire…) qu’une fois le projet fini, je rangeais ma belle dans son coin en attendant un prochain moment miraculeux… sans la nettoyer bien sûr… Évidemment, après quelques « miracles « , ma machine était bien encrassée et fonctionnait moins bien.

Avec une brosse, une pince, et des tutos (YouTube en regorge ! ) J’ai pris la résolution de nettoyer le capot (partie supérieure de la machine) la partie basse contenant la boîte à canette et les griffes d’entraînement régulièrement. La première fois, ma machine débordait de moutons ( j’ai honte), un nettoyage de précision au coton-tige s’imposait. Aujourd’hui, le nettoyage est un brin moins régulier car les fils (de bonne qualité, cf. quelques lignes plus haut) que j’utilise lâchent moins de fibres.

Huiler régulièrement

Je dois vous l’avouer: je ne suis pas une fan de la burette: je huilais ma machine quand j’y pensais (c’est-à-dire jamais) et laissais le soin à mon beau-père, agacé par le bruit de tank que ma MAC faisait, de la soigner.

Huiler sa machine est primordial pour conserver la synchronisation du mouvement de l’aiguille et de la rotation de la canette, en évitant que le mécanisme ne grippe. Sans cela, les fils du haut et du bas ne se rencontrent plus.

Maintenant, je pense à huiler ma machine à une cadence de cinq gros projets (type veste ou robe), au niveau de la barre de l’aiguille et du système en métal qui porte le boîtier à canette. Je vous conseille les huiles des fabricants de machines, type Singer ( pour ma part, j’utilise l’huile Bernina) mais jamais, jamais jamais d’huile alimentaire!

Pour la première machine, dont les engrenages étaient en plastique, il était nécessaire de me rendre chez le réparateur qui mettait une huile qui évitait la détérioration de la matière.

Apporter la belle chez le réparateur pour une révision

J’ai reçu ma machine en cadeau il y a sept ans…et il a fallu attendre qu’elle ne fonctionne plus pour l’apporter en révision (autant dire qu’il était trop tard !).

Outre l’entretien régulier de la machine et l’anticipation de désagréments, une visite chez le réparateur permet de prendre de bons conseils pour une utilisation plus soigneuse de celle-ci.

Cette première visite chez mon réparateur m’a permis de comprendre et de corriger mes erreurs et négligences portées à ma MAC ( je profite d’ailleurs de cet article pour remercier Joëlle Service Couture Retouche à Precy-sur-Oise pour tous les conseils prodigués – ce n’est pas si fréquent de prendre une heure de son temps pour parler machines, à moins d’être passionné-).

Je m’impose une visite annuelle, histoire de voir si tout va bien.

Pour finir je vous mets en lien des vidéos pour l’entretien de votre machine.

J’espère que cet article vous aura parlé et plu. N’hésitez pas à dire en commentaire vos trucs et astuces pour soigner votre machine ou encore partager vos mésaventures.

Je vous embrasse,

Sally

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